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Les arbres au Sahel: Plus nombreux dans les zones cultivées et dans les villages

Contrairement à leur voisins des grandes forêts tropicales, les arbres poussant en zone semi-aride sont  extrêmement difficiles à cartographier à grande échelle, du fait qu'ils occupent une fraction limitée du  paysage, typiquement moins de 10%, et que les individus sont le plus souvent distants les uns des autres et non  pas en massif. Ce type de peuplement dispersé résulte d'une limitation des ressources en eau qu'ils peuvent utiliser. Ces arbres offrent pourtant des services écosystémiques très importants dans ces régions du monde: ombre, énergie, fruits, fourrage, niche écologique, forte valeur patrimoniale.

Pour la première fois, une équipe de chercheurs européens, africains et américains a utilisé une banque d'image satellite à très haute résolution (< 1m) pour estimer le couvert arboré sur l'ensemble du Sahel, carte qui a été validée par des mesures au sol. Contrairement à ce qui pouvait être attendu, ils ont montré que les terroirs cultivés supportaient un plus fort couvert arboré que les terroirs non-cultivés en zone semi-aride alors que l'inverse est observé  dans les zones plus humides. Cela contredit donc l'image d'une mise en culture et de pratiques paysannes qui réduiraient systématiquement les populations d'arbres au Sahel. De plus, ils ont montré que le maximum  de densité d'arbres était obtenu au centre même des villages, et que le couvert arboré s’amenuise progressivement quand on s’écarte de plusieurs kilomètres de ce centre.

 

Cette étude, en prolongement des études récentes sur le reverdissement du Sahel, démontre l'importance de diagnostiques fiables prenant parfois les opinions à revers, dans ces environnements soumis à une forte contrainte climatique et anthropique.  

Contact. Laurent Kergoat

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