Activités de recherche

Aux interfaces environnement-risques sanitaires

La première question est celle du transfert d’éléments métalliques (métaux et métalloïdes) dans les tissus végétaux par voie racinaire ou foliaire. La biodisponibilité des contaminants est étudiée à travers la poursuite du développement de techniques de spéciation (couplage GC-ICP/MS), en prolongement des travaux déjà réalisés dans le précédent quadriennal (« compound specific analysis » - lien avec l’équipe thématique de Géochimie isotopique). Des études sont en cours sur l’inclusion de particules métalliques dans les plantes par voie foliaire (en environnement fortement impacté) en collaboration avec le LASIR (Lille) utilisant des techniques microscopiques et spectroscopiques.

L’évaluation de l'exposition des populations aux métaux nécessite également de développer l'étude expérimentale de la bioaccessibilité des métaux présents dans les particules ingérés et inhalées. Elle sera réalisée à partir de la minéralogie des phases porteuses permettant de déterminer les paramètres déterminants dans la dissolution des éléments toxiques mais aussi de la mesure de la bioaccessibilité gastro-intestinale) des métaux via l’ingestion de fruits/légumes cultivés en zone contaminée.

Enfin, une troisième question aux interfaces environnement-risques sanitaires est celle de l’influence de la bioturbation des sols sur la phytodisponibilité et la bioaccessibilité des nutriments et des éléments traces métalliques.

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Aux interfaces risques sanitaires-dynamiques sociales

Face aux aléas, stress et chocs environnementaux, des « dispositions sociales » conditionnent la vulnérabilité des individus, groupes ou communautés considérés, comme leur capacité de réponse. Ces dispositions peuvent être renforcées et la science peut y participer ; c’est pourquoi à la compréhension et l’évaluation de ces dispositions s’ajoutent l’élaboration, l’expérimentation et le transfert.

Dispositions sociales face aux risques sanitaires liés à l’environnement  et changements environnementaux

Nous avons identifié trois types de dispositions sociales face aux changements environnementaux : (i) Disposition comme mode d’interaction avec un environnement naturel notamment les pratiques socio-spatiales ; (ii) Disposition comme ensemble de manières de penser, de sentir et d'agir incorporées par les individus et le « disposant à » ; (iii) Disposition au sens de dispositifs, mesures, actions de régulation des problèmes (politique ou sociale).

En continuité de ces travaux, trois  objectifs de recherche sont centraux :

1- Comprendre les processus de normalisation des risques sanitaires au Sud : autrement dit le travail législatif et réglementaire visant à déterminer une gestion des contaminations dans des systèmes sociaux et politiques où les contextes et problématiques de régulation sont très différents des pays européens.

2- Identifier et caractériser les dispositions politiques et organisationnelles face aux risques sanitaires environnementaux : l’accent sera mis ici sur la dimension politique et l’organisation  territoriale (articulation des échelles de gouvernance environnementale ; capacités et vulnérabilités politiques aux échelles décentralisées) ;

3- Comprendre les liens entre les situations ordinaires de risque et les situations critiques (où ceux-ci se matérialisent en « évènements »).

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Populations exposées en Amazonie équatorienne (Programme MONOIL, Crédits Sabine Desprats Bologna )

Surveillance environnementale (Monitoring) et traçage de sources ou mécanismes

Forts de la compréhension des dispositions inégales des sociétés à affronter des environnements chroniquement contaminés mais aussi des développements analytiques réalisés les années précédentes sur différents chantiers, un autre des aspects innovants des travaux en cours et à venir est le développement d’outils de suivi et de contrôle de la contamination dans des matrices environnementales. D’une part, un biomonitoring des contaminations en métaux lourds et en HAPs dans les sols, eaux, sédiments et végétaux cultivés est réalisé notamment dans les zones impactées par les activités pétrolières en Equateur (ANR MONOIL). Des biocapteurs passifs sont expérimentés sur divers chantiers : le ver de terre servira par exemple de biotest de la contamination métallique des sols, expérimentation qui pourra nourrir des réflexions en termes de remédiation des sols ; des plantes épiphytes seront également testées pour mesurer les flux et sources de contaminants métalliques ; des espèces sentinelles de poissons et macro-invertébrés sont utilisées dans le suivi de la qualité des eaux de surface en zone pétrolière. D’autre part, des capteurs passifs non biologiques (tels que des SPMD et des organogels, mis au point en collaboration avec l'IRMCP, Toulouse) sont mobilisés pour quantifier les contaminants disponibles pour la chaîne trophique et,in fine, tester l’efficacité de ce type d’outil à des fins opérationnelles. Celle-ci sera évaluée sur des sites d’étude naturels et anthropisés, et favorisée par le développement de partenariats industriels.

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Capteurs passifs SPMD (Crédits Sylvia Becerra)

Enfin, les isotopes du Zn, Cu et Hg sont utilisés comme traceurs de sources dans les environnements anthropisés. En milieu viticole impacté par les apports de Cu exogène, la complexité des transferts élémentaires du continuum sol-vigne-vin est appréhendée via le suivi des isotopes du Cu et du Zn comme traceurs de source et/ou de mécanismes. Ils permettent un suivi de la compartimentation des éléments depuis les sols jusque dans les tissus végétaux.

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Terroir viticole de la région de Soave, Vénétie, Italie (Crédits Eva Schreck)

Développement de méthodologies et chantiers interdisciplinaires

Pour faire face au défi de l’interdisciplinarité, une des questions fondamentales est celle de l’intégration des données environnementales, sociales et sanitaires. L’équipe s’attache ainsi à participer au développement d'approches et de méthodologies spécifiques qui permettent de travailler « aux interfaces » : modélisation conceptuelle, graphes, systèmes multi-agents et cartographies à dire d’acteurs couplée à des SIG. Différents programmes déjà amorcés permettent d’ores et déjà de donner un cadre à ces recherches : au Brésil « RELAIS », LMI OCE ; en Equateur « MONOIL » ; en Tunisie « COMETES ». D’autres terrains peuvent être envisagés au Maroc, en Bolivie ou au Pérou en lien avec les chantiers du laboratoire ou les partenariats en cours. Des échanges sur la portée de ces méthodologies pourront être réalisés dans le cadre de l’axe transverse RISQUES.

Droit et Politiques Publiques en Santé-Environnement : Apports de la Modélisation

Dans la continuité des activités de modélisation de la complexité juridique et des politiques publiques (Bourcier et al., 2012), une collaboration a été initiée en 2015 (P. Mazzega) portant sur l’analyse et la modélisation de dispositifs de droit international de l’environnement (conventions liées à la biodiversité, conventions dites de Rio) et de politiques publiques relevant de divers secteurs, ayant un lien avec divers enjeux en « environnement – santé », notamment en Europe et Asie du Sud-Est. Cette initiative – qui sera plus amplement documentée dès publication des premiers résultats - implique des chercheurs notamment de l’INSERM et de l’InEE/CNRS, et divers partenaires en Asie.

Note : voir aussi l’atelier « Complexité et Politiques Publiques 2 » organisé en mai 2015 avec l’IAE Lyon en partenariat avec le GET et le CERSA Paris http://complexite-politiquespubliques.univ-lyon3.fr/ [l’ouvrage collectif dont la parution est prévue pour 2016, comportera 3 articles en santé-environnement]
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